Citoyenneté scolaire pour des suisses actif·ve·s et engagé·e·s

Autor
Lucien Camacho
Status
Déposé
Kanal / Trägerschaft

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Beschreibung des Anliegens

À 18 ans, les jeunes Suisses obtiennent le droit de vote au niveau de leur commune, de leur canton et de leur pays, la Suisse.

C'est à dire qu'à 18 ans, on peut donner sa voix à des décisions qui impacteront des millions de personnes.
Mais que décide-t-on avant cet âge-là ? Et pour qui ?

Un·e enfant peut peut-être décider de comment sa chambre sera arrangée ou de comment gérer son argent de poche.
Un·e jeune pourra décider de l'orientation de son cursus scolaire ou des activités extra-scolaires qu'iel souhaite faire.
Éventuellement, une famille peut impliquer ses enfants dans certaines prises de décision : Quels seront les prochains repas ? Où se dérouleront les prochaines vacances ? Pour quels projets souhaite-t-on utiliser l'épargne familiale ?

Ainsi, dans le meilleur des cas, un·e jeune peut prendre des décisions pour soi-même, ou, au mieux, pour sa famille de 3 à 7 personnes.

À 18 ans, on passe de décisions qui impactent moins de 10 personnes à des décisions qui impacteront des millions de personnes.

Ce pouvoir soudain peut paraître incompréhensible.
Suffisamment pour qu'une partie non négligeable de la jeunesse se désintéresse de la politique, alors même que cette dernière édicte les lois et les normes qui vont prescrire les actions des individus et des institutions en Suisse.

Ainsi, dans un pays qui se targue de posséder l’une des meilleures démocraties au monde, la socialisation, la préparation de la jeunesse à l'exercice de la citoyenneté suisse se doit d'être pensée et améliorée.

Selon Leca (1986), la citoyenneté se compose de deux axes majeurs. Le premier consiste en la reconnaissance et l'acceptation de l'ordre social. Le second consiste en la participation à la création de cet ordre social.

En Suisse, nous sommes lié·e·s par notre système politique fédéral mais aussi par un système scolaire qui permet l'émergence de nos concitoyen·ne·s.

L'école est un lieu dans lequel les enfants et les jeunes apprennent – que ce soit des apprentissages scolaires comme les mathématiques ou les langues ou que ce soit des apprentissages sociaux comme le respect de l'autorité des enseignant·e·s ou la cohabitation avec leurs camarades.

Mais les élèves n'apprennent pas à créer l'ordre scolaire. Ainsi, à 18 ans, après 14 ans de scolarité, les élèves n'ont pas consolidé d'apprentissages spécifiques leur permettant à participer à la création de l'ordre social.

Les élèves pourraient décider du positionnement des bureaux dans leur classe, des menus de la cafétéria du mois prochain, de la prochaine destination de leur voyage scolaire, de la subvention allouée par l'école à leurs associations d'élèves, du programme annuel de leur cours ou des règlements de l'établissement.
Il existe un spectre conséquent de possibilités qui pourraient permettre aux jeunes d'apprendre à décider.
Certaines de ces possibilités sont peut-être moins souhaitables que d'autres et il est nécessaire que les cantons puissent garder une marge d'interprétation.

L'important, c'est qu'une politique nationale d'apprentissage de la citoyenneté suisse par l'action directe soit développée pour que la jeunesse puisse participer à la création de l'ordre social au sein des établissements scolaires où iels étudient.

L’article 41, alinéa 1, lettre g de la Constitution suisse peut constituer une base de réflexion pertinente dans ce contexte.

Timeline

22.02.23

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